Audience de la Cour d’Appel de Dakar du 27 décembre 2017
Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême,

Vous avez tenu à honorer de votre présence cette audience de prestation de serment de la promotion 2017 des avocats stagiaires.

Cette présence inédite marquera certainement l’esprit de ces jeunes récipiendaires dont les prédécesseurs n’ont pas eu le même privilège.

Mais, elle ne saurait étonner pour qui connait, d’une part vos qualités humaines faites de gentillesse, de courtoisie, de mesure et d’élégance et d’autre part votre volonté plusieurs fois affirmée d’être toujours un point de convergence, un rassembleur de tous les membres de la grande famille judiciaire.

Vos relations privilégiées avec le parrain de la Promotion 2017, c’est-à-dire Monsieur le Bâtonnier Ely Ousmane SARR constituent en outre un secret de polichinelle.

Le Barreau par ma voix, vous exprime toute sa gratitude.

 

Monsieur le Premier Président de la Cour d’Appel de Dakar,

Encore une fois, vous acceptez de présider personnellement l’audience de prestation de serment des avocats stagiaires.

Loin de traduire une simple pratique professionnelle qui s’est ancrée avec le temps, cela atteste le sentiment de respect, de considération et même d’affection que vous avez pour le Barreau du Sénégal.

Il ne fait aucun doute, que vous mettez tous les acteurs de la justice sur le même pied d’égalité.

Ce sens de l’équilibre allié à votre sens de la mesure et de la concertation vous amènent toujours à trouver les meilleurs solutions aux problèmes qui se posent dans ce palais de justice.

Le Barreau entend poursuivre avec vous cette collaboration déjà excellente.

 

Monsieur le Procureur Général,

Mes charges de Bâtonnier qui m’amènent à travailler avec vous et vos services m’ont fait relever très vite que vous êtes à la fois humain et juste, à l’image de l’imminent magistrat que vous êtes.

Je peux témoigner ici, que vous n’avez jamais traité un dossier concernant un avocat à la surprise ou à l’insu de son autorité première, c’est à dire, le Bâtonnier.

Au contraire, vous avez toujours dans le cadre de notre collaboration appelé le Bâtonnier à s’investir d’abord pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent.

Le Barreau se réjouit de cette posture qui vous honore.

 

Monsieur le Président de la Chambre d’Accusation,

Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance hors Classe de Dakar,

Monsieur le Procureur de la République près dudit tribunal,

Monsieur le Doyen des Juges,

Madame la Présidente du tribunal du travail hors classe de Dakar,

Madame la Présidente du tribunal d’Instance hors classe de Dakar,

Mesdames Messieurs les Magistrats,

Au nom du Barreau du Sénégal, je vous remercie d’avoir bien voulu par votre présence, honorer notre profession et les jeunes récipiendaires ici présents.

 

Messieurs les anciens Bâtonniers,

Mesdames, Messieurs les Avocats, Chers Confrères,

Mesdames Messieurs les administrateurs de greffe et greffiers

Mesdames Messieurs, Chers invités,

Je vous remercie tous d’être venu nombreux assister à cette audience de prestation de serment.

Chers récipiendaires qui, dans un instant allez faire votre entrée dans ce cercle d’excellence que constitue le Barreau du Sénégal,

Nelson MANDELA disait « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant.

Quant à Jean François MARMONTEL, il ajoutait comme pour procéder à un raisonnement à contrario que « Le mauvais exemple nuit autant à la santé de l’âme que l’air contagieux à la santé du corps ».

C’est vous dire l’importance d’avoir un exemple, une référence.

Nous avions donc le devoir de vous offrir, un exemple et il nous aurait été difficile de vous offrir un exemple, une référence meilleure que Monsieur le Bâtonnier Ely Ousmane SARR.

Vous pouvez vous réjouir qu’il soit le Parrain de votre promotion car il fait incontestablement partie de ce que notre profession a produit de mieux. Il est l’exemple achevé de l’excellent avocat, alliant maîtrise de sa science, courage, respect de l’autre, élégance dans le verbe et le port, sens de la mesure.

Ces qualités d’avocat ne procèdent pas du hasard car votre parrain avait déjà expérimenté, l’abnégation, le dépassement de soi, l’adversité, dans le sport et la politique. Il a été un champion international d’athlétisme et un éminent homme politique sénégalais qui, pour le bien de son pays, a pris publiquement des positions courageuses qu’il était très risquéde défendre à l’époque.

Depuis sa prestation de serment le 6 décembre 1974 (Personne d’entre vous, membre de la promotion dont il est le parrain n’était encore né).

Maître Ely Ousmane SARR s’est investi pour le rayonnement du Barreau.

Il a été le président fondateur de l’association des jeunes avocats sénégalais, avant d’intégrer le Conseil de l’Ordre et de devenir plus tard Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Sénégal élu et réélu par ses pairs.

Il m’a été donné de remarquer ses exceptionnelles qualités humaines alors qu’il était Bâtonnier et moi Président de l’Association des jeunes avocats. Sénégalais.

Maître Ely Ousmane SARR, n’était pas seulement le premier parmi ses pairs, il était aussi et surtout le pater familias auprès de qui, tout avocat qui avait quelque souci ou traversait quelque moment difficile trouvait réconfort.

Maître Ely Ousmane SARR était un Bâtonnier bon, au sens de l’attitude positive d’un père vis-à-vis de son enfant.

C’est pourquoi ma génération avec à sa tête Maître El Hadji Oumar YOUM l’avons affabulé de l’appellation « Pa SARR » qui l’amuse à chaque fois qu’il l’entend mais qui, pour nous traduit toute l’affection que nous avons pour lui.

Monsieur le Bâtonnier, je vous l’ai dit ailleurs, pour beaucoup de générations d’avocats dont la mienne, vous êtes un père, et nous prions que vous le restiez longtemps. Notre devoir à tous est de vous honorer.

 

Chers récipiendaires,

A travers la personne de Maître Ely Ousmane SARR nous vous offrons en exemple tous nos anciens qu’ils aient été ou non Bâtonnier et membres du Conseil de l’Ordre.

Beaucoup d’entre eux nous ont quittés. Nous prions pour eux en ces moments solennels.

D’autres sont ici présents alors que les derniers ont eu un empêchement.

Respectez les tous en vertu de nos traditions et règles professionnelles, car ils ont, au prix de leur vie, de leur santé, de leur énergie, de leur temps, parfois de leur liberté, bâti le bel ouvrage que vous allez intégrer aujourd’hui.

Ayez conscience que vous n’avez pas trouvé un terrain vague sur lequel vous êtes appelés à construire, mais bien une profession qui s’apparente à une bâtisse solide édifiée par vos prédécesseurs.

Cela sera de nature à vous conférer une humilité qui doit être la marque première du bon avocat et un souci de respecter en toutes circonstances les magistrats et les confrères qui vous ont précédés.

En tout état de cause, le Bâtonnier qui sera votre protecteur chaque fois que vous avez raison, ne tolérera de votre part aucun écart vis-à-vis de ces derniers.

L’humilité doit surtout vous amener à vous souvenir en toutes circonstances, que vous êtes des avocats stagiaires, donc destinés à faire pendant trois ans l’apprentissage de la profession.

Evitez le piège qui, de plus en plus s’ouvre devant les jeunes confrères. Apprenez votre métier et évitez d’être omnibulés par l’argent, le bien matériel et la célébrité médiatique.

Vous pourrez les obtenir lorsque vous maitriserez votre art et deviendrez des avocats dignes de confiance parce que compétents et intègres.

 

Chers récipiendaires.

Le Barreau, cette belle bâtisse dans laquelle vous pourrez acquérir liberté, indépendance, combativité, et éventuellement réussite professionnelle est néanmoins une profession en pleine mutation.

Votre responsabilité face à cette mutation ne sera que plus grande, car vous êtes appelés à poursuivre et à mettre en application tous les textes pour le moins révolutionnaires que nous avons pu élaborer avec le concours d’autres experts comme les magistrats.

Souvenez-vous, le Barreau va être de moins en moins national et empruntera de plus en plus les sentiers communautaires.

Les enjeux sont énormes, il s’agit d’intégrer nos Barreaux et de bâtir un Barreau communautaire de l’UEMOA et de l’OHADA, seul gage de survie de notre profession face à la mondialisation galopante.

Aujourd’hui, après votre stage, vous pourrez demander votre inscription dans les Barreaux des autres Etats membres de l’UEMOA et ouvrir dans ces pays, des cabinets secondaires.

Demain, vos successeurs feront l’examen d’entrée dans la profession, le même jour et à la même heure que les candidats des autres pays de l’UEMOA.

Vous aurez compris que nous tendons vers le CAPA de l’UEMOA, organisé en même temps dans les différents pays membres.

C’est le résultat des règlements N°05 et 10 d’une part sur le statut des avocats des Barreaux membres de l’UEMOA et d’autres part, sur la libre circulation et l’établissement des avocats dans l’espace UEMOA.

Au plan national, la prise en charge de vos mandants en matière pénale débute dès l’interpellation, par la police ou la gendarmerie.

Vous le constatez, ces quelques exemples d’innovations essentielles vous donnent la mesure de ce que sera votre responsabilité dans les mois et années à venir.

Cette responsabilité vous l’assumerez ou vous la fuirez.

Je ne vous conseillerez pas de la fuir, c’est-à-dire d’adopter l’attitude de ceux qui ont de tout temps refusé de s’engager pour la collectivité, pour leur pays, pour leur profession.

Je vous conseillerez d’intégrer la structure des jeunes , à savoir l’AJAS et d’apprendre d’ores et déjà la gestion du bien commun pour être utile, pas seulement à vous et à votre famille mais aussi à votre pays et à vos confrères dont la grande majorité mérite les sacrifices que vous consentirez.

 

Chers Récipiendaires,

Je ne saurai terminer mon propos sans féliciter vos parents qui se sont investis pour vous assurer une belle réussite dans la vie.

Ne les oubliez jamais, ce serait la pire bêtise que vous commettrez.

Monsieur le Premier Président, Messieurs les Conseillers,

En vous remerciant pour votre attention, je vous prie lorsqu’ils l’auront prêté, de recevoir le serment des récipiendaires ici présents et les renvoyer à l’exercice de leur noble profession.

 

 

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